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Fintech & Robo Advisor : la gestion de l’épargne fait sa révolution digitale !

Internet permet l’émergence de nouveaux services et de nouvelles façons d’interagir avec ses clients, bousculant une multitude de secteurs. Le monde de l’épargne connaît également sa révolution numérique. Aux côtés des banques en ligne et de sociétés de gestions spécialisées, les acteurs de la Fintech (alliance de finance et de technologie) innovent dans leur offre de produits, au grand bénéfice des consommateurs. Cet article passe en revue les nouvelles solutions permettant de gérer son patrimoine et ses investissements financiers via les acteurs de la Fintech.

La gestion de l’épargne en ligne.

Cela fait déjà plus d’une dizaine d’année que les banques ont fait leur apparition en ligne. En France, des millions de clients ont ainsi migré vers un compte bancaire géré en ligne. Naturellement, les banques en ligne proposent aussi des produits d’épargne. Les épargnants peuvent ainsi gérer leurs livrets, assurances vie, ou leurs placements en bourse via internet.

Les connaissances financières des Français sont relativement faibles. Aussi, la demande pour les services de gestion de l’épargne est forte. Pour répondre à ce besoin, il est possible de donner mandat à un professionnel de l’investissement pour déléguer la gestion de son épargne. On parle de gestion déléguée ou encore de gestion pilotée. Historiquement, les épargnants se tournaient vers leur banque traditionnelle ou un cabinet de conseil en gestion de patrimoine. Désormais, les banques en ligne, les courtiers en ligne (notamment ceux commercialisant des assurances vie), et les sociétés de gestion en ligne (Fintech) proposent aussi des services de gestion pilotée de l’épargne.

En pratique, le professionnel de la gestion patrimoniale obtenant le mandat prend complètement en main l’allocation du capital de l’épargnant. Mais avant d’investir le capital, le gestionnaire doit d’abord définir le profil d’investisseur de son client. Cette étape est essentielle. On n’investit pas de la même façon selon que le client ait un projet immobilier à court terme, ou l’ambition de préparer sa retraite à long terme. En pratique, le gestionnaire devra donc prendre connaissance des projets financiers de son client, en particulier son horizon de placement (ce critère est très important pour savoir vers quels produits financiers s’orienter), et son aversion au risque.

L’allocation de l’épargne.

En quelques mots, le capital des épargnants souhaitant investir sans risque ou à court terme est davantage alloué vers des fonds en euros en assurance-vie, plutôt que des livrets. Ces fonds sont gérés par des assureurs et le capital investi est garanti. Ces dernières années, la performance des fonds en euros est en baisse en raison des politiques macro-économiques des banques centrales visant à stimuler l’économie. Cependant, les bons fonds en euros continuent de rapporter plus que les livrets et demeurent le placement financier favoris des Français, avec des encours dépassant les 1500 milliards d’euros (les fonds en euros constituent 80 % des encours logés en assurance vie).

En complément des fonds euros, les épargnants souhaitant investir à long terme ont intérêt à se tourner vers des placements plus rémunérateurs. Les actions et l’immobilier offrent historiquement les meilleures performances à long terme. Cependant, tous les épargnants n’ont pas le profil pour s’orienter vers ces produits, en particulier les actions dont la forte volatilité rebute de nombreuses personnes. Les actions peuvent enregistrer de fortes hausses. Cela a été le cas en 2019 où la performance de nombreux indices boursiers avoisine les +30 %. Mais les actions peuvent également subir des corrections significatives. Les bourses peuvent parfois perdre 10 % et davantage en cas de récession économique ou krach financier majeur.

L’immobilier est un bon compris en termes de rendement et de volatilité. Ce n’est un hasard si les Français apprécient fortement cette classe d’actifs. Aussi, l’immobilier permet d’arrimer l’investissement à l’inflation, ce qui est un atout notable lorsqu’il s’agit d’investir sur le long terme.

Le rôle des gestionnaires de patrimoine est de définir la proportion idéale des différentes classes d’actifs mentionnées plus haut dans le portefeuille des clients.

Robo advisors : une nouvelle façon de gérer l’allocation idéale.

Nous l’avons dit en introduction, le monde de l’épargne est en pleine révolution digitale. Comme souvent, cette révolution nous arrive des États-Unis, il s’agit des robo advisors, que l’on peut traduire par « robot conseillers ». Il s’agit d’algorithmes développés pour fournir du conseil en gestion de patrimoine et en particulier en allocation et diversification des actifs. Ces algorithmes s’appuient sur les dernières avancées technologiques, notamment le big data et l’intelligence artificielle.

Un des points forts des robot advisors est qu’ils permettent de diminuer les interventions humaines pour définir les décisions d’investissement. Deux avantages : les robots ne souffrent pas de biais psychologiques, et ils permettent des économies de coût significatives comme nous le verrons plus bas. En France, plusieurs acteurs ont fait leur apparition ces dernières années, on peut notamment citer Yomoni et Nalo. Ces Fintech proposent un service de gestion pilotée entièrement géré depuis une interface web. Ceci dit, à leur tête il y a bien des gérants humains et un service client joignable par mail et téléphone. Ces services sont particulièrement plébiscités par les digital natives, ces jeunes générations à l’aise avec internet.

Les enveloppes gérées sous mandat.

Que ce soit les acteurs traditionnels (banques et conseillers en gestion de patrimoine) ou les Fintech spécialisées dans les technologies disruptives, les investissements sont presque systématiquement réalisés au sein d’enveloppes permettant d’optimiser la fiscalité des revenus. En France, les deux principaux dispositifs permettant d’optimiser la fiscalité de ses placements sont l’assurance vie et le plan d’épargne en actions (PEA). On peut également citer le plan d’épargne retraite (PER), mais ce produit est très récent et l’on manque encore de recul pour en mesurer la popularité auprès des épargnants. Le PER permet de déduire de son revenu imposable les versements réalisés sur le plan. En contrepartie, ce produit est relativement contraignant puisque les encours sont bloqués jusqu’à la retraite (les encours sont néanmoins récupérables en cas d’achat de sa résidence principale et en cas d’accident de la vie tels que la fin des droits au chômage ou l’invalidité).

L’assurance vie.

L’assurance vie est sans conteste la solution la plus populaire (voir le fonctionnement de l’assurance vie en détail). Tout d’abord, c’est un produit sans plafond de versement. Il est d’ailleurs possible de détenir plusieurs assurances vie. En deuxième point, il s’agit d’une enveloppe permettant de loger un grand nombre de classes d’actifs : fonds en euros sécurisés, fonds obligataires, immobilier papier, fonds en actions, actions détenus en direct, etc. L’assurance vie peut donc s’adapter à tous les profils d’épargnant. Enfin, l’assurance vie est une niche fiscale. Lorsque le contrat d’assurance vie dépasse les 8 ans, il est possible de réaliser des retraits de l’enveloppe sans payer d’impôt sur les plus-values. En effet, un abattement de 4600 euros s’applique sur les plus-values imposables. Les avantages fiscaux concernent également les successions : il est possible de transmettre 152 500 euros hors succession à chaque héritier. Précision : le souscripteur doit alimenter son assurance vie avant ses 70 ans pour que cet avantage successoral s’opère.

Le PEA.

Le plan d’épargne en actions (PEA) est également un dispositif très intéressant. Il permet d’investir en bourse en bénéficiant d’avantages fiscaux. Les avantages se matérialisent de deux façons. Tout d’abord, les gains générés au sein du PEA peuvent être pleinement ré-investis au sein du plan sans frottement fiscal. Le deuxième avantage concerne les retraits. Dès lors que le contrat atteint 5 ans, il est possible de retirer l’argent du PEA avec une fiscalité réduite sur les plus-values : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent. Ce qui est beaucoup plus intéressant que la fiscalité ordinaire des revenus du capital, dont le taux générique est de 30 % (il s’agit du taux du prélèvement forfaitaire unique, aussi connus sous l’anglicisme flat tax).

En gestion pilotée, l’épargnant donne généralement mandat au gestionnaire pour contrôler son assurance vie et/ou son PEA.

Les avantages des Fintech spécialisées dans la gestion pilotée en ligne.

Les Fintech permettent de gérer ses comptes à distance, sur internet, sans avoir à se déplacer dans sa banque. C’est un gain de temps. Mais là n’est pas l’essentiel. Les avantages les plus intéressants des Fintech concernent les frais de gestion et la performance de leurs services. En réalité, les deux avantages sont liés. Car lorsque les frais sont bas, la performance (nette de frais) est mécaniquement plus importante.

Nous l’avons vu plus haut, les Fintech telles que Yomoni et Nalo parviennent à diminuer les frais de gestion en optant pour des robo advisors automatisant le processus décisionnel pour l’allocation des portefeuilles. Il existe un deuxième élément expliquant l’excellente performance de ces services : Yomoni et Nalo s’appuient massivement sur les fonds de gestion indiciels pour allouer le capital sur la poche en actions des épargnants. Les fonds indiciels sont des fonds de gestion passive connaissant une grande popularité depuis quelques années. Aussi appelés trackers ou ETF (Exchange Traded Fund), l’objectif de ces fonds est de reproduire la performance d’un indice boursier de référence. Contrairement aux fonds de gestion actifs dont les services réclament les compétences de nombreux analystes financiers, les fonds indiciels sont gérés de façon très automatisée puisque qu’une poignée d’ingénieurs financiers suffit à faire tourner le fonds. Avec des frais très réduits, les fonds indiciels parviennent à délivrer une performance nette de frais en moyenne supérieure à celle des autres fonds. C’est le constat réalisé par de nombreuses études, car sur le long terme on constate que les gérants actifs arrivent rarement à battre les indices boursiers.

En conclusion, les Fintech spécialisées dans la gestion de l’épargne telles que Yomoni et Nalo bousculent le monde de la gestion pilotée sous mandat en proposant des services aux airs de petites révolutions. L’allocation du patrimoine est désormais gérée par un algorithme. Ce processus décisionnel intelligent combiné à des produits financiers innovants tels que les fonds indiciels permettent aux épargnants d’obtenir des performances supérieures à celles qu’ils pouvaient atteindre en optant pour les services d’établissements traditionnels. Enfin, les services des Fintech sont accessibles dès quelques centaines d’euros. Disposer d’une gestion patrimoniale performante digne de la banque privée n’est donc plus l’apanage des personnes fortunées.

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